Il dit non avec la tête Mais il dit oui avec le cœur Il dit oui à ce qu’il aime Il dit non au professeur Il est debout On le questionne Et tous les problèmes sont posés Soudain le fou rire le prend Et il efface tout Les chiffres et les mots Les dates et les noms Les phrases et les pièges Et malgré les menaces du maître Sous les huées des enfants prodiges Avec des craies de toutes les couleurs Sur le tableau noir du malheur Il dessine le visage du bonheur.
Aimons toujours ! Aimons encore
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit L'amour, c'est le cri de l'aurore
L'amour c'est l'hymne de la nuit
Ce que le flot dit aux rivages
Ce que le vent dit aux vieux monts
Ce que l'astre dit aux nuages
C'est le mot ineffable : Aimons
!
L'amour fait songer, vivre et croire
Il a pour réchauffer le cœur
Un rayon de plus que la gloire
Et ce rayon c'est le bonheur
!
Aime ! qu'on les loue ou les blâme
Toujours les grand cœurs aimeront
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front
!
Aime, afin de charmer tes heures
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux
!
Aimons-nous toujours davantage
Unissons-nous mieux chaque jour
Les arbres croissent en feuillage
Que notre âme croisse en amour
!
Soyons le miroir et l'image
Soyons la fleur et le parfum
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage
Se sentent deux et ne sont qu'un
!
Les poètes cherchent les belles
La femme, ange aux chastes faveurs
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs
Venez à nous, beautés touchantes
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi
Ange ! viens à moi quand tu chantes
Et, quand tu pleures, viens à moi
Nous seuls comprenons vos extases
Car notre esprit n'est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs
Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité
Je préfère aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi
Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil
Tombe en cendre ou vole en fumée
Et l'on se dit : " Qu'en reste-t-il
?
Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l'on se dit : " C'est donc fini
!
L'amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour !
Conserve en ton cœur, sans rien craindre
Dusses-tu pleurer et souffrir
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !