le caire islamique

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MoOn TeArS

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2 أفريل 2007
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Caire Islamique . Le ministère de la Culture a décidé de transformer quelques monuments islamiques en hôtels et restaurants cinq étoiles. Initiative qui a suscité un fort débat avec le risque d’une atteinte aux édifices historiques d’une ville plus que millénaire.
Loger dans le passé
Vivre quelques jours comme un sultan mamelouk ou une femme du temps des Abbassides est sûrement un rêve non seulement pour des touristes, mais aussi pour les Egyptiens qui aimeraient se trouver dans la peau de leurs ancêtres, dans une atmosphère des mille et une nuits. Transformer quelques anciennes constructions du Caire islamique en des hôtels ou des restaurants est en fait la seule solution pour réaliser ce désir. En effet, la réutilisation des monuments historiques comme lieux d’hébergement touristique n’est pas une nouvelle idée. Plusieurs pays arabes et européens ont déjà transformé une partie de leur patrimoine architectural en projet touristique sans précédent. En Syrie, en Espagne, en France, en Turquie ... et dans beaucoup d’autres pays, l’idée a eu un grand succès. D’ailleurs, le fait de la réutilisation des monuments historiques n’est pas tout à fait nouveau pour l’Egypte.

Bon nombre d’antiquités égyptiennes ont été reconverties en des activités culturelles et artistiques. « Les sabils, ou fontaines publiques, figurent en tant que premier exemple de la réutilisation des monuments. Le sabil-kottab Qaïtbay de la rue Al-Saliba, dans le quartier de la Citadelle, a été aménagé pour abriter une grande bibliothèque consacrée à la civilisation islamique et le sabil Mohamad Ali, situé rue Al-Nahassine, sera bientôt transformé en musée de tissus et de tapis de différentes époques égyptiennes et le sabil Al-Aïni, annexé à la madrassa qui porte le même nom, a servi de centre pour l’enseignement de l’informatique aux étudiants d’Al-Azhar et aux habitants de la région », avance Sayed Ismaïl, directeur des antiquités de la zone d’Al-Azhar. Par la suite, d’autres monuments des époques islamique et moderne ont été aussi réutilisés en tant que musées et centres culturels. Citons Wékalet Al-Ghouri, devenue un centre pour la réhabilitation de l’artisanat traditionnel du Caire islamique, le palais du prince Amr Ibrahim à Zamalek qui abrite aujourd’hui le musée de la céramique islamique ... D’autres sites, par contre, servent de bureau d’inspection pour les fonctionnaires du Conseil Suprême des Antiquités (CSA).
Mais la conversion en hôtels de monuments islamiques de grande valeur est en fait une nouvelle idée pour l’Egypte, du moins en ce qui concerne le patrimoine islamique. Un restaurant, une résidence hôtelière, un centre de congrès ou de séminaires peuvent-ils trouver place dans un monument historique ? Si oui, à quelles conditions de sécurité et de rentabilité ? « Il ne faut pas transformer tous les monuments restaurés en des centres culturels. Ce serait ennuyeux. Des objectifs sociaux seront aussi nécessaires pour les gens. On peut les transformer aussi en des hôpitaux, des banques ... Pour garantir une bonne réexploitation des édifices historiques pour éviter qu’ils ne retombent dans l’oubli », suggère Salah Zaki, professeur d’architecture à l’Université Misr International et un des participants au projet de la réutilisation des sabils du Caire islamique.
Bazaraa, Qaïtbay et Mamay reçoivent les touristes
De façon générale, les projets de réutilisation doivent être financés par le CSA, en collaboration avec le Fonds de développement culturel. Mais cette fois-ci, le financement sera par l’intermédiaire de certains investisseurs. Cette démarche présente un double intérêt. D’une part, la préservation de ces monuments, fleurons de l’architecture islamique, et d’autre part, la sensibilisation de la population à l’importance de la richesse du patrimoine. Comme point de départ, le projet-pilote sera la transformation de trois monuments du Caire islamique : Wékalet Bazaraa du quartier Al-Gamaliya, Wékalet Qaïtbay à Bab Al-Nasr et le Maqaad (siège) Mamay, situé rue Beit Al-Qadi. Ces trois monuments ont été déjà restaurés dans le cadre du projet du réaménagement du Caire fatimide.
« Le choix de ces monuments n’est pas le fruit du hasard. Ceux-ci sont les mieux conservés du Caire islamique. D’autre part, l’architecture de ces monuments possède beaucoup d’avantages qui rendent sa réutilisation plus facile que d’autres édifices islamiques ; d’abord la structure des caravansérails qui aménage beaucoup de chambres et d’espaces vides, leur surface assez importante, ainsi que leur important emplacement dans des lieux très fréquentés.

Une réutilisation critiquée
Quoique l’idée de réutilisation des antiquités paraisse originale et fructueuse, elle reste pour beaucoup très risquée. Cette réhabilitation comporte parfois des dangers. Elle constituera un va-et-vient continu dans l’édifice. Seront-ils préservés ou auront-ils besoin d’une nouvelle restauration ? « La régularité d’un tel projet contredit la loi numéro 117 pour l’année 1983 concernant la sauvegarde des monuments. Le projet adopté par le ministère de la Culture aura des effets catastrophiques qui, entre autres, diminuent de l’âge des antiquités », estime Dr Haggagui Ibrahim, professeur à l’Université de Tanta. De leur côté, les responsables au CSA indiquent que la réhabilitation de ces monuments doit être soumise à plusieurs critères, dont le fait que la nouvelle vocation devrait correspondre au caractère de l’édifice, son environnement et le style ancien du Caire islamique. Des activités qui doivent répondre aux attentes des habitants de la région et aux touristes, sans représenter de danger pour les bâtiments historiques. De quoi redonner un souffle de vie à ces monuments oubliés. « Par exemple, il est logique que la cuisine des deux futurs hôtels ainsi que du restaurant sera aménagée en dehors des antiquités. On a aussi choisi des monuments bien conservés qui peuvent subsister à la réexploitation. Il y a plusieurs conditions qui réglementent la réhabilitation des monuments », explique Sayed Ismaïl.
De son côté, Zahi Hawas, secrétaire général du CSA, s’étonne de ceux qui refusent l’idée de la réutilisation des antiquités. « Que faire d’un palais de l’époque médiévale, d’un caravansérail historique, d’une forteresse restaurée ? Quelle réutilisation pour notre patrimoine architectural ? Est-ce que vous voulez que l’on s’arrête à la restauration du patrimoine architectural, puis l’abandonner à son sort ? En tirant profit de ces monuments, on les conserve mieux. La réutilisation est une partie principale dans les étapes de conservation d’un monument restauré. On accepte de tels projets, après des études, tant qu’ils n’attaquent pas les antiquités et qu’ils font entrer un bon revenu au pays », annonce-t-il.

Les responsables au ministère de la Culture œuvrent à ce que ces lieux exceptionnels deviennent de nouvelles destinations touristiques hors pair. Toutes ces nouvelles idées dans la réutilisation des édifices donnent un cachet de renouveau et attireront un grand nombre de touristes. En cas de succès, cette expérience sera généralisée dans d’autres monuments islamiques restaurés. Les résultats ne sont pas toujours immédiats. Mais, le succès d’un tel projet vaut une forte couverture médiatique à l’échelle nationale et internationale (télévision, radio, journaux, Internet, affiche ...), sans oublier la formation et l’intégration sociale autour des monuments historiques sélectionnés .




 
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